Négociation collective et impact sur les salaires et l’emploi


Le rapport Combrexelle, la réforme à venir du dialogue social en France, mais aussi les réformes menées récemment au Portugal ou en Espagne, ont suscité un intérêt renouvelé pour les modalités de négociation des salaires en France. En outre, au cours de la période récente, malgré le ralentissement économique observé depuis la crise de 2008, les salaires réels continuent de progresser en France à un rythme relativement dynamique, amplifiant potentiellement les pertes d’emplois. En France comme en Europe continentale, une majorité de salariés sont couverts par des accords collectifs (de branche et/ou d’entreprise) qui jouent un rôle important dans la façon dont les chocs affectent ou non les salaires. Les salaires sont négociés à plusieurs niveaux : au niveau national, le SMIC est réévalué chaque année selon une règle explicite et aucun salaire ne peut être inférieur au SMIC ; au niveau des branches, des grilles de salaires sont négociées et fixent des minima pour différents types de postes ; enfin au niveau de l’entreprise, des hausses de salaire générale ou catégorielle peuvent être négociées. Il existe par ailleurs une hiérarchie stricte entre ces différents niveaux.

L’objectif du projet de recherche est de mieux comprendre :
(i) comment les salaires sont négociés en  France et comment les modalités de négociation collective affectent les salaires et leur ajustement dans les entreprises. En particulier, un des objectifs est de comprendre comment les hausses du SMIC se transmettent aux salaires par le canal des négociations collectives aux différents niveaux de négociation ;
(ii) un objectif connexe est de comprendre comment les accords de salaire ou les modalités de négociation des salaires peuvent affecter les flux d’emploi dans les entreprises couvertes par les accords. 


Responsables du projet:

Erwan Gautier, LEMNA, Université de Nantes

Denis Fougère, OSC/LIEPP (Sciences-Po, Paris), CNRS

Sébastien Roux, Banque de France


Ce projet est financé par la Chaire de Sécurisation des Parcours Professionnels.