Cinq nouvelles études de synthèse à paraître en 2016


Aider les jeunes en difficultés : leçons d’Outre-Atlantique
par Stéphane Carcillo

Cette étude tire les leçons de l’expérience américaine en matière d’assistance aux jeunes en difficulté ou en risque d’échouer à l’école. Elle s’appuie sur un grand nombre d’évaluations et sur des visites de terrain des programmes le plus souvent mis en exergue. L’idée est d’une part de faire le point sur ce qui marche et pour qui, à l’aide d’une revue des programmes anciens mais aussi des nouvelles initiatives lancées ces dernières années, que ce soit dans le domaine de l’éducation ou dans celui de la formation professionnelle et de l’accompagnement individuel. L'étude discute également les conditions de succès de ces programmes, notamment leurs conditions de mise en œuvre par des prestataires privés et les moyens qui leurs sont alloués. Enfin, l’étude revient sur l’usage qui est fait des évaluations pour informer la décision politique de financement des programmes aux États-Unis, afin de mieux comprendre la portée et la limite de cette méthode pour améliorer la prise en charge des jeunes.

 
L’apport des expérimentations sociales à la connaissance  du marché du travail
par Bruno Crépon
 
De nombreuses études ont été consacrées à l’évaluation des politiques du marché du travail. Mais peut on faire confiance à ces études et au visage qu’elles donnent de l’impact des programmes concernés? On a souvent davantage confiance en son propre jugement que dans des traitements statistiques dont on pense parfois qu’ils offrent une représentation biaisées ou manipulable de la réalité. Pourtant parmi ces études, certaines ont adopté des standards de rigueur très élevée. Il s’agit des évaluations randomisées. Le principe est de comparer des groupes test et témoin construits par tirage au sort. Ces méthodes se sont beaucoup développées aux Etats-Unis dès les années 80 et leur utilisation s’est progressivement étendue à d’autres pays. La France n’est pas en reste et à elle-même contribué à alimenter le capital de savoir sur le fonctionnement du marché du travail et l’efficacité des programmes en produisant plusieurs de ces études. Le but de l’étude est de tirer les leçons de toutes ces expériences contrôlées. Elle aborde en premier lieu les grands types de programmes qui ont été évalués et se tourne ensuite vers des questions générales les concernant. On aborde ainsi la question des effets d’équilibre : ces politiques peuvent éventuellement aider les bénéficiaires, mais créent-elles des emplois? On aborde aussi la question du ciblage : un résultat saillant de ces études est l’hétérogénéité des impacts entre différentes population. Est-il possible en ciblant les programmes sur certaines populations d’en accroître l’effet moyen ? On aborde enfin la question des mécanismes derrière les programmes : a-t-on des éléments permettant d'identifier précisément ces mécanismes ?


Financement des études supérieures et emploi des jeunes.
par Robert Gary-Bobo

Les études supérieures conduisent à des emplois substantiellement mieux payés et les diplômés trouvent aussi beaucoup plus aisément un emploi que les non-diplômés. Les études constituent donc un investissement dont les rendements sont positifs, aussi bien pour les étudiants que pour la société dans son ensemble, mais qui comporte aussi des risques (échec, dévalorisation, chômage, etc.). On étudie d’abord le système français de financement des études supérieures dans son état actuel ainsi que ses propriétés en termes de redistribution, la crise budgétaire des universités, les bourses et aides aux étudiants. On s’intéresse ensuite aux modèles étrangers : les systèmes des Etats-Unis, de l’Australie et du Royaume-Uni, qui présentent des formes différentes d’organisation, reposant sur des droits d’inscription élevés et le crédit pour financer les études. On étudie les avantages et les défauts de ces systèmes, ainsi que la possibilité d’une réforme qui  introduirait en France un prêt public aux étudiants, à remboursements contingents au revenu, associé à une hausse des droits d’inscription, permettant le développement de l’enseignement supérieur français, en desserrant la contrainte budgétaire des universités.


La polarisation du marché du travail
par Gregory Verdugo

Dans de nombreux pays développés, les inégalités salariales ont augmenté durant les dernières décennies. En même temps, la part des emplois fortement et faiblement qualifiés a crû, au détriment des emplois moyennement qualifiés. Ce processus de polarisation du marché du travail, dans lequel écarts de salaires et de qualité des emplois s’amplifient, n’est pas homogène entre les pays. Cette étude décrit le rôle des changements technologiques, du commerce international et des évolutions de la régulation des marchés du travail dans ces bouleversements. L’innovation technologique et le commerce sont les principaux moteurs de ces transformations. Certaines régulations ralentissent la hausse des inégalités salariales mais pas la polarisation des emplois, au prix parfois d’une diminution des taux d’emplois des individus les plus faiblement qualifiés.


Economie comportementale du marché du travail
par Marie-Claire Villeval
 
L’approche comportementale du marché du travail a mis en relief l’intérêt de prendre en compte, à côté du rôle des incitations économiques et des institutions, les dimensions psychologiques et cognitives des choix individuels tant du côté de l’offre que de celui de la demande de travail. Les individus souffrent de biais cognitifs ; ils sont dotés de traits de personnalité particuliers ; leurs choix inter-temporels  reflètent des incohérences ; ils expriment des préférences sociales qui les conduisent à se comparer aux autres et à attacher une grande importance à l’équité avec leurs pairs. Si de telles dimensions influencent les choix, les ignorer lors de l’élaboration des politiques sur le marché du travail ne peut que réduire d’emblée l’efficacité de ces dernières. Cet ouvrage s’attache à montrer les apports permis par l’approche comportementale et expérimentale dans la compréhension des processus d’accès à l’emploi et d’appariement, des effets de sélection et d’incitation des politiques de rémunération,  et du rôle des incitations informationnelles sur la motivation et l’effort au travail.